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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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DE PÉGASE, ET DU VIEILLAKD.

Tu pourrais, dans la foule heureusement guidé,

Et suivant dassez loin le sublime Vadé,

Retrouver une place au séjour du génie.

LE VIEILLABD.

Hélas ! jeus autrefois cette noble manie.

Dun espoir orgueilleux honteusement déçu,

Tu sais, mon cher ami, comme je fus reçu,

Et comme on bafoua mes grandes entreprises :

A peine jabordai, les places étaient prises.

Le nombre des élus au Parnasse est complet ;

Nous navons quà jouir : nos pères ont tout fait :Quand lœillet, le narcisse, et les roses vermeilles,Ont prodigué leur suc aux trompes des abeilles,

Les bourdons sur le soir y vont chercher en vainCes parfums épuisés qui plaisaient au matin.

Ton Parnasse dailleurs, et ta belle écurie,

Ce palais de la Gloire, est lantre de lEnvie.Homère, cet esprit si vaste et si puissant,

Neut quun imitateur, et Zoïle en eut cent.

Je gravis avec peine à cette double cime la mesure antique a fait place à la rime,

Melpomène en pleurs étale en ses discoursDes rois du temps passé la gloire et les amours.Pour contempler de près cette grande merveille,

Je me mis dans un coin sous les pieds de Corneille.Bientôt Martin Fréron b , prompt à me corriger,Maperçut dans ma niche , et men fit déloger.

Par ce juge équitable exilé du Parnasse,

Sans secours, sans amis, humble dans ma disgrâce,Je voulus adoucir par des égards flatteurs,

Par quelques soins polis , mes frères les auteurs.

Je n'y réussis point ; leur bruyante séquelleA connu rarement lamitié fraternelle :

Je nai pu désarmer Sabotier c , mon rival.

Le Parnasse a bien fait de navoir quun cheval :