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NOTES.
« On n’aime ici que les processions, les sermons, cl les messes. Les« gens qui ont eu la force de secouer le joug des préjugés de l’enfance,« du fanatisme et de l’erreur, en un mot les hommes qui pensent bien,« n’osent se faire connaître, etc., etc. »
Nous donnerons le reste, si cela lui fait plaisir.
Jugez maintenant, lecteur, s’il sied bien à ce galant homme de traiterun secrétaire d’une de nos académies d’impie et de scélérat, et d’endire autant de nos littérateurs les plus illustres. On croit qu’il auraincessamment un bénéfice : mais quelle récompense aura le censeurroyal qui lui a fait obtenir une permission tacite d’outrager la vertuet le bon g<ÿil?
On dit qu'il est tonsuré, et qu’étant bientôt élevé aux dignités del’Eglise, il croira en Dieu, ne fût-ce que par reconnaissance; car, mal-gré son spinosisme, il saura qu’il n’y a point de société policée qui n’ad-mette un Être suprême, rémunérateur de la vertu, vengeur du crime.Nous le prions de se souvenir de ce vers de M. de Vollaire :
SJ Oicn n’existait pas, il faudrait l’inventer.
Ce philosophe écrivait, il n’y a pas longtemps, à un grand prince :« C’est de tous les vers médiocres que j’ai jamais faits, le moins médio-« cre, et celui de tous dont je suis le moins mécontent >» (1784).
Il avait grande raison : un atlvée est peut-être presque aussi dange-reux , si on l’ose dire, qu’un fanatique ; car si le fanatique est un loupenragé qui égorge et qui suce le sang publiquement, en croyant bienfaire, l’athée pourra commettre tous les crimes secrets, sachant bien qu’ilfait mal, et comptant sur l’impunité. Voilà*pourquoi les deux grandslégislateurs Locke et Penn, qui ont admis toutes les religions dans laCaroline et dans la Pcnsylvanie, en ont formellement exclu les athées(1775).
d L’abbé Guyon, auteur d’un libelle insipide contre notre auteur, inti-tulé l’Oracle des philosophes (1774).
e Langleviel, dit la Beaumelle, autre écrivain de libelles aussi ridi-cules qu’affeux contre la cour 3. Il faut pardonner à notre auteur s’il n’a-puni ces gredins qu’en imprimant leurs noms, et en exposant simple-ment leurs calomnies (1774).
f On a imprimé cinq ou six volumes des prétendues lettres de notreauteur; cela n’est pas honnête. On en a falsifié plusieurs; cela estencore moins honnête; mais les éditeurs ont voulu gagner de l’argent(1774).
g On a glissé dans le recueil de ses ouvrages bien des morceaux qui nesont pas de lui, comme une traduction des Apocryphes de Fabricius, quiest de M. Bigex ; un dialogue de Périclès et d’un Russe , fort estimé, dontl’auteur est M. Suard ; des vers sur la mort de mademoiselle Lecouvreur,moins estimés, commençant par ceux-ci :
Quel contraste frappe mes yeux?
Melpomènc ici désolée
Élève, avec l’aven des dieux,
Un magnifique mausolée.
Celte pièce est dusicurBônneval, jadis précepteur chez M. de Mont-martél : s’il a eu l’aveu des dieux, il n’a pas eu celui d’Apollon.