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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LE TEMPS PBESENT.

très-modcsic , très-judicieux, et point jaloux. 1 , a eu le secret denduireles hommes de poix résine pour les empêcher de tomber malades, quildisséquait des géants pour connaître la nature de làme, et quil prédi-sait lavenir : de tels hommes pourtant en ont imposé (1775).

' Maupcrtuis. (Éd).

LE TEMPS PRÉSENT,

PAH M. JOSEPH EAFFICHARD,

I* PLUSIEURS ACADÉMIES.

1775 .

Dans un coin de mes bois, loin du hruibdes cités,

Mes tablettes en main, jétais tenté décrire,

En vers assez communs, dutiles vérités

Quà Paris on condamne, ou dont on aime à rire.

De nos pédants fourrés jesquissais la satire,

Lorsque je vis de loin des Ailes, des garçons,

Des vieillards, des enfants, qui dansaient aux chansons.Aux transports du plaisir ils se livraient en proie :

.létais presque joyeux de leur bruyante joie.

,1'en demandai la cause ; un deux me répondit :

« Nous sommes tous heureux, à ce quon nous a dit. »

« Heureux ! cest un grand mot. Il est vrai que peut-êtrePar vos travaux constants vous méritez de lêtre.

Virgile et Saint-Lambert ont quelquefois vantéA Mécène, à Beauvau, votre félicité ;

Mais ce sont, entre nous, des discours de poètes,

De douces Actions, délégantes sornettes.

Leurs vers étaient heureux, et vous ne létiez pas.

Le bonheur nous appelle, et fuit devant nos pas :

Sous le dais, sous le chaume, il trompe notre vie.

Cest en vain quon a dit en pleine académie,

Choiseul est agricole, et Voltaire est fermier :

Lart qui nourrit le monde est un méchant métier.Laissons ce Choiseul si grand, si magnanime,