KPÎTJRES.
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Et, si d’un crayon vrai quelque main libre et sûreNous traçait de Louis la fidèle peinture,
Nos yeux trop dessillés pourraient dans ce hérosAvec bien des vertus trouver quelques défauts.
Prince, ne crois donc point que ces hommes vulgairesQui prodiguent aux grands des écrits mercenaires,
Imposant par leurs vers à la postérité,
Soient les dispensateurs de l’immortalité.
Tu peux, sans qu’un auteur te critique ou t’encense,
Jeter les fondements du bonheur de la France ;
Et nous verrons un jour l’équitable universPeser tes actions sans consulter nos vers.
Je dis plus : un grand prince, un héros, sans l’histoire,
Peut même à l’avenir transmettre sa mémoire.
Taisez-vous, s’il se peut, illustres écrivains,
Inutiles appuis de ces honneurs certains ;
Tombez, marbres vivants, que d’un ciseau fidèleAnima sur ses traits la main d’un Praxitèle;
Que tous ces monuments soient partout renversés.
11 est grand, il est juste, on l’aime : c’est assez.
Mieux que dans nos écrits * et mieux que sur le cuivre,
Ce héros dans nos cœurs à jamais doit revivre.
L’heureux vieillard, en paix dans son lit expirant ■,lie ce prince à son fils fait l’éloge en pleurant ;
Le fils, encor tout plein de son règne adorable,
Le vante à ses neveux ; et ce nom respectable,
Ce nom, dont l’univers aime à s’entretenir,
Passe de bouche en bouche aux siècles à venir.
C’est ainsi qu’on dira chez la race future :
Philippe eut un cœur noble ; ami de la droiture,
Politique et sincère, habile et généreux,
Constant quand il fallait rendre un mortel heureux ;
1 La Harpe a remarqué que les idées que renferment ces vers étaientprises dans le Petit Carême de Massillon,