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ÉPÎTüKS.
Irrésolu, changeant, quand le bien de l’empireAu malheur d’un sujet le forçait à souscrire -,Affable avec noblesse, et grand avec bonté,
II sépara l’orgueil d’avec la majesté ;
Et le dieu des combats, et la docte Minerve ,
De leurs présents divins le comblaient sans réserveCapable également d’être avec dignitéEt dans l’éclat du trône et dans l’obscurité :
Voilà ce que de toi mon esprit se présage.
O toi de qui ma plume a crayonné l’image,
Toi de qui j’attendais ma gloire et mon appui,
Ne chanterai-je donc que le bonheur d’autrui ?
En peignant ta vertu, plaindrai-je ma misère ?Bienfesant envers tous, envers moi seul sévère,D’un exil rigoureux tu m’imposes la loi ;
Mais j’ose de toi-même en appeler à toi.
Devant toi je ne veux d’appui que l’innocence ;J’implore ta justice, et non point ta clémence.
Lis seulement ces vers, et juge de leur prix ;
Vois ce que l’on m’impute, et vois ce que j’écris.La libre vérité qui règne en mon ouvrageD’une âme sans reproche est le noble partage;
Et de tes grands talents le sage estimateurN’est point de ces couplets l’infame et vil auteur.
Philippe, quelquefois sur une toile antiqueSi ton œil pénétrant jette un regard critique,
Par l’injure du temps le portrait effacéNe cachera jamais la main qui l’a tracé ;
D’un choix judicieux dispensant la louange,
Tu ne confondras point Vignon et Michel-Ange.Prince, il en est ainsi chez nous autres rimeurs ;Et si tu connaissais mon esprit et mes mœurs,D’un peuple de rivaux l’adroite calomnieMe chargerait en vain de leur ignominie ;
Tu les démentirais, et je ne verrais plus