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ÉPÎTHES.
Fît aux Grecs assemblés admirer sa valeur.
Il est un prix plus noble, une gloire plus belle,
Que la vertu mérite, et qui marche après elle :
Un cœur juste et sincère est plus grand, à nos yeux,Que tous ces conquérants que l’on prit pour des dieux.Eh ! que sont en effet le rang et la naissance,
La gloire des lauriers, l’éclat de la puissance,
Sans le flatteur plaisir de se voir estimé,
De sentir qu’on est juste, et que l’on est aimé ;
De se plaire à soi-même, en forçant nos suffrages ;D’être chéri des bons, d’être approuvé des sages?
Ce sont là les vrais biens, seuls dignes de ton choix,Indépendants du sort, indépendants des rois.
Un grand, bouffi d’orgueil, enivré de délices,
Croit que le monde entier doit honorer ses vices.
Parmi les vains plaisirs l’un à l’autre enchaînés,
Et d’un remords secret sans cesse empoisonnés,
Il voit d’adulateurs une foule empresséeLui porter de leurs soins l’offrande intéressée.Quelquefois au mérite amené devant lui,
Sa voix, par vanité, daigne offrir un appui ;
De cette cour nombreuse il fait en vain parade ;
Il ne voit point chez lui Villars ni la Feuillade,
Pour lui de Liancourt l’accès n’est point permis,
Sully ni Villeroy ne sont point ses amis.
C’est à de tels esprits qu’il importe de plaire,
Ce sont eux dont les yeux éclairent le vulgaire ;Quiconque a le cœur juste est par eux approuvé,
Et peut aux yeux de tous marcher le front levé :
Chacun dans leur vertu se propose un modèle ;
Le vice la respecte et tremble devant elle.
La cour, toujours fertile en fourbes ténébreux,
Porte aussi dans son sein de ces cœurs généreux.
Tout n’est pas infecté de la rouille des vices :
Rome avait des Burrhus ainsi que des Narcisses ;