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EP1TKES.
Et des erreurs de mon jeune âge.
Dieux! que n’ai-je eu depuis la même fermeté!
Mais à de moindres alarmesMon cœur n’a point résisté.
Tu sais combien l’amour m’a fait verser de larmes ;
Fripon, tu le sais trop bien,
Toi dont l’amoureuse adresseM’ôta mon unique bien ;
Toi dont la délicatesse,
Par un sentiment fort humain,
Aima mieux ravir ma maîtresse 1 ,
Que de la tenir de ma main.
Tu me vis sans scrupule en proie à la tristesse :
Mais je t’aimai toujours tout ingrat et vaurien ;
Je te pardonnai tout avec un cœur chrétien,
Et ma facilité fit grâce à ta faiblesse.
Hélas ! pourquoi parler encor de mes amours ?
Quelquefois ils ont fait le charme de ma vie :
Aujourd’hui la maladieEn éteint le flambeau peut-être pour toujours.
De mes ans passagers la trame est raccourcie ;
Mes organes lassés sont morts pour les plaisirs ;
Mon cœur est étonné de se voir sans désirs.
Dans cet état il ne me resteQu’un assemblage vain de sentiments confus,
Un présent douloureux, un avenir funeste,
Et l’affreux souvenir d’un bonheur qui n’est plus.
Pour comble de malheur, je sens de ma penséeSe déranger les ressorts ;
Mon esprit m’abandonne, et mon âme éclipséePerd en moi de son être, et meurt avant mon corps.
Est-ce là ce rayon de l’essence suprême
Qu’on nous dépeint si lumineux?
Est-ce là cet esprit survivant à nous-même ?
1 Cette maîtresse était mademoiselle de Livri, à qui Voltaire adressadepuis son épltre des Tu et des Tous.