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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTBES.

Quel est ce dieu de qui lart enchanteurVous a donné votre gloire suprême ;

Le tendre Amour me la conté lui-même.

On me dira que lAmour est menteur.

Hélas! je sais quil faut quon sen défie :

Qui mieux que moi connaît sa perfidie ?

Qui souffre plus de sa déloyauté ?

Je ne croirai cet enfant de ma vie ;

Mais cette fois il a dit vérité.

Ce même Amour, Vénus, et Melpomène,Loin de Paris fesaient voyage un jour;

Ces dieux charmants vinrent dans ce séjour vos appas éclataient sur la scène :

Chacun des trois, avec étonnement,

Vit cette grâce et simple et naturelle,

Qui fesait lors votre unique ornement.

« Ah! dirent-ils, cette jeune mortelleMérite bien que, sans retardement,

Nous répandions tous nos trésors sur elle. »

Ce quun dieu veut se fait dans le moment.

Tout aussitôt la tragique déesseVous inspira le goût, le sentiment,

Le pathétique, et la délicatesse.

« Moi, dit Vénus, je lui fais un présentPlus précieux, et cest le don de plaire :

Elle accroîtra lempire de Cythère ;

A son aspect tout cœur sera troublé ;

Tous les esprits viendront lui rendre hommage.« Moi, dit lAmour, je ferai davantage ;

Je veux quelle aime. » A peine eut-il parlé,Que dans linstant vous devîntes parfaite ;

Sans aucuns soins, sans étude, sans fard ,

Des passions vous fûtes linterprète.

O de lAmour adorable sujette,

Noubliez point le secret de votre art.