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ÉPÎTBES.
A MADEMOISELLE DE LUBERT,
qu’on appelait muse et gbace.
1732.
Le curé qui vous baptisaDu beau surnom de Muse et GrâceSur vous un peu prophétisa ;
Il prévit que sur votre traceCroîtrait le laurier du ParnasseDont la Suze se couronna,
Et le myrte qu’elle porta,
Quand, d’amour suivant la déesse,
Ses tendres feux elle mêlaAux froides ondes du Permesse.
Mais en un point il se trompa :
Car jamais il ne devinaQu’étant si belle, elle seraCe que les sots appellent sage,
Et qu’à vingt ans, et par delà,
Muse et Grâce conserveraLa tendre fleur du pucelage,
Fleur délicate qui tombaToujours au printemps du bel âge,
Et que le ciel fit pour cela.
Quoi ! vous en êtes encore là !
Muse et Grâce, que c’est dommage!
Vous me répondez doucementQue les neuf bégueules savantes,
Toujours chantant, toujours rimant,Toujours les yeux au firmament,
Avec leurs têtes de pédantes,
Avaient peu de tempérament,
Et que leurs bouches éloquentes