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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTHES.

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Souvraient pour brailler seulementEt non pour mettre tendrement'Deux lèvres fraîches et charmantesSur les lèvres appétissantesDe quelque vigoureux amant.

Je veux croire chrétiennementCes histoires impertinentes.

Mais, ma chère Lubert, en casQue ces filles sempiternellesConservent pour ces doux ébatsDes aversions si fidèles,

Si ces déesses sont cruelles,

Si jamais amant dans ses brasNa froissé leurs gauches appas,

Si les neuf muses sont pucelles,

Les trois Grâces ne le sont pas.

Quittez donc votre faible excuse ;Vos jours languissent consumésDans labstinence qui les use :

Un faux préjugé vous abuse.Chantez, et, sil le faut, rimez ;Ayez tout lesprit dune muse :

Mais, si vous êtes Grâce, aimez.

A UNE DAME, OU SOI-DISANT TELLE.

1732 .

Tu commences par me louer,

Tu veux finir par me connaître :

Tu me loueras bien moins. Mais il faut tavouerCe que je suis, ce que je voudrais être.

1 Cette pièce fut impcimée dans le Mercure de France, en 1732. UnBreton, nommé Desforges-Maillard, qui fesait assez facilement des versmédiocres, sétait amusé à insérer dans les journaux des pièces de verssous le nom de mademoiselle Malcrais de la Vigne. Plusieurs poètescélèbres lui répondirent par des galanteries. Cette facétie dura quelque