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S’affoler de dévotion,
Et rechercher l’ambitionD’être bégueules respectables ?.
Bien loin de cette triste erreur,
Vous avez, au lieu de vigiles,
Des soupers longs, gais , et tranquilles;Des vers aimables et faciles,
Au lieu des fatras mutilesDe Quesnel et de Letourneur,
Voltaire, au lieu d’un directeur ;
Et, pour mieux chasser toute angoisse,Au curé préférant Campra,
Vous avez loge à l’Opéra ,
Au lieu de banc à la paroisse ;
Et ce qui rend mon sort plus doux,
C’est que ma maîtresse chez vous,
La Liberté , se voit logée ;
Cette Liberté mitigée,
A l’œil ouvert, au front serein ,
A la démarche dégagée,
N’étant ni prude, ni catin,
Décente, et jamais arrangée,
Souriant d’un sourir badinA ces paroles chatouilleusesQui font baisser un œil malinA mesdames les précieuses.
C’est là qu’on trouve la Gaieté,
Cette sœur de la Liberté,
Jamais aigre dans la satire,
Toujours vive dans les bons mots,
Se moquant quelquefois des sots ,
Et très-souvent, mais à propos,Permettant au sage de rire.
Que le piel bénisse le coursD'un sort aussi doux que le vôtre!