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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTBES.

2

De tout mérite est linfaillible lot.

La jeune Églé, de pompons couronnée,

Devant un prêtre à minuit amenée,

Va dire un oui, dun air tout ingénu,

A son mari, quelle na jamais vu.

Le lendemain, en triomphe on la mèneAu cours, au bal, chez Bourbon, chez la reine;Le lendemain, sans trop savoir comment,

Dans tout Paris on lui donne un amant :

Roy a la chansonne, et son nom par la villeCourt ajusté sur lair dun vaudeville.

Églé sen meurt : ses cris sont superflus.

Consolez-vous, Églé, dun tel outrage :

Vous pleurerez, hélas! bien davantage,

Lorsque de vous on ne parlera plus.

Et nommez-moi la beauté, je vous prie,

De qui lhonneur fut toujours à couvert?Lisez-moi Bayle, à larticle Schomberg ,

Vous y verrez que la vierge Marie b

Des chansonniers, comme une autre, a souffert.

Jérusalem a connu la satire.

Persans, Chinois, baptisés, circoncis,

Prennent ses lois : la terre est son empire ;

Mais, croyez-moi, son trône est à Paris.

, tous les soirs, la troupe vagabondeDun peuple oisif, appelé le beau mondeVa promener de réduit en réduitLinquiétude et lennui qui la suit ;

, sont en foule antiques mijaurées,

Jeunes oisons, et bégueules titrées,

Disant des riens dun ton de perroquet,

Lorgnant des sots, et trichant au piquet ;Blondins y sont, beaucoup plus femmes quelles,Profondément remplis de bagatelles,

Dun air hautain, dune bruyante voix,