ÉPÎTBES.
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De tout mérite est l’infaillible lot.
La jeune Églé, de pompons couronnée,
Devant un prêtre à minuit amenée,
Va dire un oui, d’un air tout ingénu,
A son mari, qu’elle n’a jamais vu.
Le lendemain, en triomphe on la mèneAu cours, au bal, chez Bourbon, chez la reine;Le lendemain, sans trop savoir comment,
Dans tout Paris on lui donne un amant :
Roy a la chansonne, et son nom par la villeCourt ajusté sur l’air d’un vaudeville.
Églé s’en meurt : ses cris sont superflus.
Consolez-vous, Églé, d’un tel outrage :
Vous pleurerez, hélas! bien davantage,
Lorsque de vous on ne parlera plus.
Et nommez-moi la beauté, je vous prie,
De qui l’honneur fut toujours à couvert?Lisez-moi Bayle, à l’article Schomberg ,
Vous y verrez que la vierge Marie b
Des chansonniers, comme une autre, a souffert.
Jérusalem a connu la satire.
Persans, Chinois, baptisés, circoncis,
Prennent ses lois : la terre est son empire ;
Mais, croyez-moi, son trône est à Paris.
Là, tous les soirs, la troupe vagabondeD’un peuple oisif, appelé le beau mondeVa promener de réduit en réduitL’inquiétude et l’ennui qui la suit ;
Là , sont en foule antiques mijaurées,
Jeunes oisons, et bégueules titrées,
Disant des riens d’un ton de perroquet,
Lorgnant des sots, et trichant au piquet ;Blondins y sont, beaucoup plus femmes qu’elles,Profondément remplis de bagatelles,
D’un air hautain, d’une bruyante voix,