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ÉrÎTKES.
Chantant, dansant, minaudant à la fois.
Si, par hasard, quelque personne honnête,
D’un sens plus droit et d’un goût plus heureux,Des bons écrits ayant meublé sa tête,
Leur fait l’affront de penser à leurs yeux,
Tout aussitôt leur brillante cohue,
D’étonnement et de colère émue,
Bruyant essaim de frelons envieux,
Pique et poursuit cette abeille charmante,
Qui leur apporte, hélas ! trop impru dente,
Ce miel si pur et si peu fait pour eux.
Quant aux héros, aux princes, aux ministres,Sujets usés de nos discours sinistres,
Qu’on m’en nomme un dans Rome et dans Paris,Depuis César jusqu’au jeune Louis,
De Richelieu jusqu’à l’ami d’Auguste,
Dont un Pasquin n’ait barbouillé le buste:
Ce grand Colbert, dont les soins vigilantsNous avaient plus enrichis en dix ansQue les mignons, les catins, et les prêtres,
N’ont, en mille ans, appauvri nos ancêtres ;
Cet homme unique, et l’auteur, et l’appuiD’une grandeur où nous n’osions prétendre,
Vit tout l’État murmurer contre lui ;
Et le Français osa troubler la cendre 0Du bienfaiteur qu’il révère aujourd’hui.
Lorsque Louis, qui, d’un esprit si ferme,Brava la mort comme ses ennemis,
De ses grandeurs ayant subi le terme,
Vers sa chapelle allait à Saint-Denys,
J’ai vu son peuple, aux nouveautés en proie,
Ivre de vin, de folie, et de joie,
De cent couplets égayant le convoi,
Jusqu’au tombeau maudire encor son roi.
Vous avez tous connu, comme je pense,