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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTltES.

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Élève uu esprit sage au-dessus de lenvie.

Tranquille au haut des cieux que Newton sest soumis,Il ignore en effet sil a des ennemis :

Je ne les connais plus. Déjà de la carrièreLauguste Vérité vient mouvrir la barrière ;

Déjà ces tourbillons, lun par lautre pressés,

Se mouvant sans espace, et sans règle entassés ,

Ces fantômes savants à mes yeux disparaissent.

Un jour plus pur me luit ; les mouvements renaissent.Lespace, qui de Dieu contient limmensité,

Voit rouler dans son sein lunivers limité,

Cet univers si vaste à notre faible vue,

Et qui nest quun atome, un point dans létendue.Dieu parle, et le chaos se dissipe à sa voix :

Vers un centre commun tout gravite à la fois.

Ce ressort si puissant, lâme de la nature,

Était enseveli dans une nuit obscure ;

Le compas de Newton, mesurant lunivers,

Lève enlin ce grand voile, et les cieux sont ouverts.

11 déploie à mes yeux, par une main savante .

De lastre des saisons la robe étincelante :

T/émeraude, lazur, le pourpre, le rubis,

Sont limmortel tissu dont brillent ses habits.

Chacun de ses rayons, dans sa substance pure,

Porte en soi les couleurs dont se peint la nature ;

Et, confondus ensemble, ils éclairent nos yeux ;

Ils animent le monde, ils emplissent les cieux.

Confidents du Très-Haut, substances éternelles,

Qui brûlez de ses feux , qui couvrez de vos ailesLe trône votre maître est assis parmi vous,

Parlez : du grand Newton nétiez-vous point jaloux ?

La mer entend sa voix. Je vois lhumide empireSélever, savancer vers le ciel qui lattire :

Mais un pouvoir central arrête ses efforts ;

La mer tombe, saffaisse, et roule vers ses bords.