ÉPÎTltES.
2 26
Élève uu esprit sage au-dessus de l’envie.
Tranquille au haut des cieux que Newton s’est soumis,Il ignore en effet s’il a des ennemis :
Je ne les connais plus. Déjà de la carrièreL’auguste Vérité vient m’ouvrir la barrière ;
Déjà ces tourbillons, l’un par l’autre pressés,
Se mouvant sans espace, et sans règle entassés ,
Ces fantômes savants à mes yeux disparaissent.
Un jour plus pur me luit ; les mouvements renaissent.L’espace, qui de Dieu contient l’immensité,
Voit rouler dans son sein l’univers limité,
Cet univers si vaste à notre faible vue,
Et qui n’est qu’un atome, un point dans l’étendue.Dieu parle, et le chaos se dissipe à sa voix :
Vers un centre commun tout gravite à la fois.
Ce ressort si puissant, l’âme de la nature,
Était enseveli dans une nuit obscure ;
Le compas de Newton, mesurant l’univers,
Lève enlin ce grand voile, et les cieux sont ouverts.
11 déploie à mes yeux, par une main savante .
De l’astre des saisons la robe étincelante :
T/émeraude, l’azur, le pourpre, le rubis,
Sont l’immortel tissu dont brillent ses habits.
Chacun de ses rayons, dans sa substance pure,
Porte en soi les couleurs dont se peint la nature ;
Et, confondus ensemble, ils éclairent nos yeux ;
Ils animent le monde, ils emplissent les cieux.
Confidents du Très-Haut, substances éternelles,
Qui brûlez de ses feux , qui couvrez de vos ailesLe trône où votre maître est assis parmi vous,
Parlez : du grand Newton n’étiez-vous point jaloux ?
La mer entend sa voix. Je vois l’humide empireS’élever, s’avancer vers le ciel qui l’attire :
Mais un pouvoir central arrête ses efforts ;
La mer tombe, s’affaisse, et roule vers ses bords.