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ÉPÎTRES.
Elle est, ainsi que vous, noble , simple, et sans fard,Au-dessus de l’éloge, au-dessus de mon art.
NOTES.
a C’est la période de la précession des équinoxes, laquelle s’accompliten vingt-six mille neuf cents ans, ou environ (1748).
b M. Algarotti, jeune Vénitien, fesait imprimer alors à Venise untraité sur la lumière, Newtonianismo per le Dame, dans lequel U ex-pliquait l’attraction (1742). M. de Voltaire fut le premier en France quiexpliqua les découvertes de Newton (1756).
AU PRINCE ROYAL,
DEPUIS ROI DE PRUSSE.
DE L’USAGE DE LA SCIENCE DANS LES PRINCES.
Octobre 1736 .
Prince, il est peu de rois que les muses instruisent ;
Peu savent éclairer les peuples qu’ils conduisent.
Le sang des Antonins sur la terre est tari ;
Car, depuis ce héros de Rome si chéri,
Ce philosophe-roi, ce divin Marc-Aurèle,
Des princes, des guerriers, des savants le modèle,
Quel roi, sous un tel joug osant se captiver,
Dans les sources du vrai sut jamais s’abreuver ?
Deux ou trois, tout au plus, prodiges dans l’histoire,
Du nom de philosophe ont mérité la gloire ;
Le reste est à vos yeux le vulgaire des rois,
Esclaves des plaisirs, fiers oppresseurs des lois,
Fardeaux de la nature, ou fléaux de la terre ,
Endormis sur le trône, ou lançant le tonnerre.
Le monde, aux pieds des rois, les voit sous un faux jour;Qui sait régner sait tout, si l’on en croit la cour.
Mais quel est en effet ce grand art politique,
Ce talent si vanté dans un roi despotique?
Tranquille sur le trône, il parle, on obéit ;