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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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EPÏTBES.

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Sil sourit, tout est gai ; sil est triste, on frémit.

Quoi ! régir dun coup dœil une foule servile,

Est-ce un poids si pesant, un art si difficile?

Non : mais fouler aux pieds la coupe de lerreur,

Dont veut vous enivrer un ennemi flatteur,

Des prélats courtisans confondre lartifice,

Aux organes des lois enseigner la justice ;

Du séjour doctoral chassant labsurdité,

Dans son sein ténébreux placer la vérité,

Éclairer le savant, et soutenir le sage,

Voilà ce que jadmire, et cest votre ouvrage.Lignorance, en un mot, flétrit toute grandeur.

Du dernier roi dEspagne a un grave ambassadeurDe deux savants anglais reçut une prière ;

Ils voulaient, dans lécole apportant la lumière,

De lair quun long cristal enferme en sa hauteur,

Aller au haut dun mont marquer la pesanteur \

Il pouvait les aider dans ce savant voyage;

Il les prit pour des fous : lui seul était peu sage.

Que dirai-je dun pape et de sept cardinaux 1 2 ,

Dun zèle apostolique unissant les travaux,

Pour apprendre aux humains, dans leurs augustes codes.Que cétait un péché de croire aux antipodes ?

Combien de souverains, chrétiens, et musulmans,

Ont tremblé dune éclipse, ont craint des talismans !

Tout monarque indolent, dédaigneux de sinstruire,

Est le jouet honteux de qui veut le séduire.

Un astrologue, un moine, un chimiste effronté,

Se font un revenu de sa crédulité.

Il prodigue au dernier son or par avarice ;

Il demande au premier si Saturne propice,

Dun aspect fortuné regardant le soleil,

Lappelle à table, au lit, à la chasse, au conseil ;

1 Le baromètre.

2 Le pape Zacharie, gui régna de 741 à 752.

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