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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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Él'ÎTRES.

231)

Qui, du vieux Testament lisant du nez l’Iiistoire,D’Aod et de Judith admirant les desseins,

Prêche le parricide, et fait des assassins.

Il sait d’un fanatique enhardir la faiblesse.

Un sot à deux genoux, qui marmotte à confesseLa liste des péchés dont il veut le pardon,Instrument dangereux dans les mains d’un fripon,Croit tout, est prêt à tout ; et sa main frénétiqueRespecte rarement un héros hérétique.

AU MÊME.

Ce 20 avril 174 [.

Eh ! bien mauvais plaisants, critiques obstinés,Prétendus beaux esprits, à médire acharnés,

Qui, parlant sans penser, fiers avec ignorance,

Mettez légèrement les rois dans la balance ;

Qui d’un ton décisif, aussi hardi que faux,

Assurez qu’un savant ne peut être un héros ;

Ennemis de la gloire et de la poésie,

Grands critiques des rois, allez en Silésie ;

Voyez cent bataillons près de Neiss écrasés :

C’est là qu’est mon héros. Venez, si vous l’osez.

Le voilà ce savant que la gloire environne,

Qui préside aux combats, qui commande à Bellone,

Qui du fier Charles douze égalant le grand cœur,

Le surpasse en prudence, en esprit, en douceur.

C’est lui-même, c’est lui, dont Pâme universelleCourut de tous les arts la carrière immortelle ;

Lui qui de la nature a vu les profondeurs,

Des charlatans dévots confondit les erreurs ;

Lui qui dans un repas, sans soin s et sans affaire,

Passait les ignorants dans l’art heureux de plaire ;

Qui sait tout, qui fait tout, qui s’élance à grands pasDu Parnasse à l’Olympe, et des jeux aux combats.