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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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É rÎTRKS.

Peut-être qu’un Virgile, un Cicéron sauvage,

Est chantre de paroisse, ou juge de village.

Le sort, aveugle roi des aveugles humains,

Contredit la nature, et détruit ses desseins ;

Il affaiblit ses traits, les change, ou les efface ;

Tout s’arrange au hasard, et rien n’est à sa place.

NOTE.

* Le (lac de Mazarin, mari d’Hortense Mancini, fesait tous les ans uneloterie de plusieurs emplois de sa maison ; et ce qu’on rapporte ici a unfondement véritable (1752).

AU ROI DE PRUSSE.

A Bruxelles , le 9 avril 1741

Non, il n’est point ingrat ; c’est moi qui suis injuste ;

11 fait des vers, il m’aime ; et ce héros auguste,

En inspirant l’amour, en répandant l’effroi,

Caresse encor sa muse, et badine avec moi.

Du bouclier de Mars il s’est fait un pupitre ;

De sa main triomphante il me trace une épître,

Une épître où son cœur a paru tout entier.

J’y vois le bel esprit, et l’homme, et le guerrier.

C’est le vrai coloris de son âme intrépide.

Son style, ainsi que lui, brillant, mâle, et rapide,

Sans languir un moment, ressemble à ses exploits.

Il dit tout en deux mots, et fait tout en deux mois.

O ciel ! veillez sur lui, si vous aimez la terre :

Écartez loin de lui les foudres de la guerre ;

Mais écartez surtout les poignards des dévots.

Que le fou Loyola défende à ses suppôtsD’imiter saintement, dans les champs germaniques,

Des Châtels , des Cléments , les forfaits catholiques.

Je connais trop l'Église et ses saintes fureurs.

Je ne crains point les rois, je crains les directeurs ;

Je crains le front tondu d’un cuistre à robe noire ,