ÉPÎTBES.
24'J
Votre ministre magnifique ;D’un fade éloge poétiqueJe pourrais fort bien l’ennuyer :Mais je n’aime pas à louer ;
Et ces offrandes si chériesDes belles et des potentats,Gens tout nourris de flatteries,Sont un bijou qui n’entre pasDans son baguier de pierreries.
Adieu : faites bien au SaxonGoûter les vers de l’ItalieEt les vérités de Newton;
Et que votre muse polieParle encor sur un nouveau tonDe notre immortelle Émilie.
AU ROI DE PRUSSE.
9 mar» 1747.
Les fileuses des destinées,
Les Parques , ayant mille foisEntendu les âmes damnéesParler là-bas de vos exploits,
De vos rimes si bien tournées,
De vos victoires, de vos lois,
Et de tant de belles journées,
Vous crurent le plus vieux des rois.
Alors, des rives du Cocyte,
A Berlin vous rendant visite,
Atropos vint avec le Temps,
Croyant trouver des cheveux blancs,
Front ridé, face décrépite,
Et discours de quatre-vingts ans.
Que l’inhumaine fut trompée !
Elle aperçut de blonds cheveux,