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ÉPÎTBES.
Le temps l’éclaire : oui, mais la mort plus prompteFerme mes yeux dans ce siècle pervers,
En attendant que les siens soient ouverts.
Chez nos neveux on me rendra justice ;
Mais, moi vivant, il faut que je jouisse.
Quand dans la tombe un pauvre homme est inclus,Qu’importe un bruit, un nom qu’on n’entend plus?L’ombre de Pope avee les rois repose ;
Un peuple entier fait son apothéose,
Et son nom vole à l’immortalité :
Quand il vivait, il fut persécuté.
Ah ! cachons-nous ; passons avec les sagesLe soir serein d’un jour mêlé d’orages ;
Et dérobons à l’œil de l’envieux
Le peu de temps que me laissent les dieux.
Tendre amitié, don du ciel, beauté pure,
Porte un jour doux dans ma retraite obscure !
Puissé-je vivre et mourir dans tes bras,
Loin du méchant qui ne te connaît pas,
Loin du bigot, dont la peur dangereuseCorrompt la vie, et rend la mort affreuse!
NOTE.
* Tous les jeux de cartes sont à l’enseigne du roi David (1756).
A M. LE PRÉSIDENT HÉNAULT.
Lunéville', novembre 1748.
Vous qui de la chronologieAvez réformé les erreurs ;
Vous dont la main cueillit les fleursDe la plus belle poésie ;
Vous qui de la philosophieAvez sondé les profondeurs,
Malgré les plaisirs séducteurs