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ÉPÎTBES.
Ou vis-à-vis de Marc-Aurèle.
On sait que ces esprits fameuxSont punis dans la nuit profonde ;
Il faut qu’il soit damné comme eux,Puisqu’il vit comme eux dans ce monde.Mais surtout que je suis fâchéDe le voir toujours entichéDe l’énorme et cruel péchéQue l’on nomme la tolérance !
Pour moi, je frémis quand je penseQue le musulman , le païen,
Le qualtre, et le luthérien,
L’enfant de Genève et de Rome,
Chez lui tout est reçu si bien,
Pourvu que l’on soit honnête homme.Pour comble de méchanceté,
11 a su rendre ridiculeCette sainte inhumanité,
Cette haine dont sans scrupuleS’arme le dévot entêté,
Et dont se raille l’incrédule.
Que ferai-je, grand cardinal,
Moi, chambellan très-inutileD’un prince endurci dans le mal,
Et proscrit dans notre Évangile?
Vous dont le front prédestinéA nos yeux doublement éclate ;
Vous dont le chapeau d’écarlateDes lauriers du Pinde est orné ;
Qui, marchant sur les pas d’HoraceEt sur ceux de saint Augustin,
Suivez le raboteux cheminDu paradis et du Parnasse,
Convertissez ce rare esprit :
C’est à vous d’instruire et de plaire ;
Et la grâce de Jésus-Christ