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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉL’IKRES.

Le grand homme échappe au vulgaire :Mais lorsqu’aux champs deFontenoyIl sert sa patrie et son roi ;

Quand sa main des peuples de GênesDéfend les jours et rompt les chaînes ;Lorsque, aussi prompt que les éclairs,Il chasse les tyrans des mersDes murs de Minorque opprimée,Alors ceux qui l’ont méconnuEn parlent comme son armée.

Chacun dit : « Je l’avais prévu. »

Le succès fait la renommée.

Homme aimable, illustre guerrier,

En tout temps l’honneur de la France,Triomphez de l’Anglais altier,

De l’envie, et de l’ignorance.

Je ne sais si dans Port-MahonVous trouverez un statuaire ;

Mais vous n’en avez plus affaire :

Vous allez graver votre nomSur les débris de l’Angleterre ;

Il sera béni chez l’ibère,

Et chéri dans ma nation.

Des deux Richelieu sur la terreLes exploits seront admirés ;

Déjà tous deux sont comparés,

Et l’on ne sait qui l’on préfère.

Le cardinal affermissaitEt partageait le rang suprêmeD’un maître qui le haïssait :

Vous vengez un roi qui vous aime.

Le cardinal fut plus puissant,

Et même un peu trop redoutable :Vous me paraissez bien plus grand,Puisque vous êtes plus aimable.