ÉPÎTJiES.
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A UNE JEUNE VEUVE.
Jeune et charmant objet à qui pour son partageLe ciel a prodigué les trésors les plus doux,
Les grâces, la beauté , l’esprit et le veuvage,Jouissez du rare avantageD’étre sans préjugés ainsi que sans époux !
Libre de ce double esclavage,
Joignez à tous ces dons celui d’en faire usage ;Faites de votre lit le trône de l’Amour ;
Qu’il ramène les Ris, bannis de votre courPar la puissance maritale.
Ah ! ce n’est pas au lit qu’un mari se signale :
Il dort toute la nuit et gronde tout le jour ;
Ou s’il arrive par merveilleQue chez lui la nature éveille le désir,
Attend-il qu’à son tour chez sa femme il s’éveille ?Non : sans aucun prélude il brusque le plaisir ;
Il ne connaît point l’art d’animer ce qu’on aime,D’amener par degrés la volupté suprême ;
Le traître jouit seul..., si pourtant c’est jouir.
Loin de vous tous liens, fût-ce avec Plutus même !L’Amour se chargera du soin de vous pourvoir.Vous n’avez jusqu’ici connu que le devoir,
Le plaisir vous reste à connaître.
Quel fortuné mortel y sera votre maître!
Ah ! lorsque, d’amour enivré,
Dans le sein du plaisir il vous fera renaître,Lui-méme trouvera qu’il l’avait ignoré.