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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTJiES.

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A UNE JEUNE VEUVE.

Jeune et charmant objet à qui pour son partageLe ciel a prodigué les trésors les plus doux,

Les grâces, la beauté , l’esprit et le veuvage,Jouissez du rare avantageD’étre sans préjugés ainsi que sans époux !

Libre de ce double esclavage,

Joignez à tous ces dons celui d’en faire usage ;Faites de votre lit le trône de l’Amour ;

Qu’il ramène les Ris, bannis de votre courPar la puissance maritale.

Ah ! ce n’est pas au lit qu’un mari se signale :

Il dort toute la nuit et gronde tout le jour ;

Ou s’il arrive par merveilleQue chez lui la nature éveille le désir,

Attend-il qu’à son tour chez sa femme il s’éveille ?Non : sans aucun prélude il brusque le plaisir ;

Il ne connaît point l’art d’animer ce qu’on aime,D’amener par degrés la volupté suprême ;

Le traître jouit seul..., si pourtant c’est jouir.

Loin de vous tous liens, fût-ce avec Plutus même !L’Amour se chargera du soin de vous pourvoir.Vous n’avez jusqu’ici connu que le devoir,

Le plaisir vous reste à connaître.

Quel fortuné mortel y sera votre maître!

Ah ! lorsque, d’amour enivré,

Dans le sein du plaisir il vous fera renaître,Lui-méme trouvera qu’il l’avait ignoré.