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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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lïPÎTRÉS.

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Le sentiment, nest point encore assez ;

Vous nous rendez ces prodiges dAthèneQue le génie étalait sur la scène.

Quand dans les arts de lesprit et du goûtOn est sublime, on est égal à tout.

Que dis-je ? on règne, et dun peuple fidèleOn est chéri, surtout si lon est belle.

O ma Daphné ! quun destin si flatteurEst différent du destin dun auteur !

Je crois vous voir sur ce brillant théâtre tout Paris a , de votre art idolâtre,

Porte en tribut son esprit et son cœur.

Vous récitez des vers plats et sans grâce,

Vous leur donnez la force et la douceur ;

Dun froid récit vous réchauffez la glace ;

Les contre-sens deviennent des raisons.

Vous exprimez par vos sublimes sons,

Par vos beaux yeux, ce que lauteur veut dire ;Vous lui donnez tout ce quil croit avoir ;

Vous exercez un magique pouvoirQui fait aimer ce quon ne saurait lire.

On bat des mains, et lauteur ébaudiSe remercie, et pense être applaudi.

La toile tombe, alors le charme cesse.

Le spectateur apportait des présentsAssez communs de sifflets et dencens ;

Il fait deux lots quand il sort de livresse,

Lun pour lauteur, lautre pour son appui :Lencens pour vous, et les sifflets pour lui.

Vous cependant, au doux bruit (fes élogesQui vont pleuvant de lorchestre et des loges,Marchant en reine, et traînant après vousVingt courtisans lun de lautre jaloux,

Vous admettez près de votre toiletteDu noble essaim la cohue indiscrète.