ÉPÎTBES.
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A MADAME DENIS.
SUE I.’AGRICULTURE.
14 mars 17G1.
Qu’il est doux d’employer le déclin de son âgeComme le grand Virgile occupa son printemps !
Du beau lac de Mantoue il aimait le rivage ;
Il cultivait la terre, et chantait ses présents.
Mais bientôt, ennuyé des plaisirs du village,
D’Alexis et d’Aminte il quitta le séjour,
Et, malgré Mævius, il parut à la cour.
C’est la cour qu’on doit fuir, c’est aux champs qu’il faut vivre.Dieu du jour, dieu des vers , j’ai ton exemple à suivre.
Tu gardas les troupeaux, mais c’étaient ceux d’un roi:
Je n’aime les moutons que quand ils sont à moi.
L’arbre qu’on a planté rit plus à notre vueQue le parc de Versaille et sa vaste étendue.
Le Normand Fontenelle , au milieu de Paris 1 ,
Prêta des agréments au chalumeau champêtre ;
Mais il vantait des soins qu’il craignait de connaître,
Et de ses faux bergers il fit de beaux esprits.
Je veux que le cœur parle, ou que l’auteur se taise ;
Ne célébrons jamais que ce que nous aimons.
En fait de sentiment l’art n’a rien qui nous plaise :
Ou chantez vos plaisirs, ou quittez vos chansons ;
Ce sont des faussetés, et non des fictions.
« Mais quoi ! loin de Paris se peut-il qu’on respire ?
Me dit un petit-maître, amoureux du fracas.
Les Plaisirs dans Paris voltigent sur nos pas :
On oublie, on espère, on jouit, on désire ;
Il nous faut du tumulte, et je sens que mon cœur,
S’il n’est pas enivré, va tomber en langueur. »
Attends, bel étourdi, que les rides de l’âge