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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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EPÎTK ( ES.

Au sourcil noir, à l’œil noir, au teint gris,

Bel esprit faux d qui hait les bons esprits,

Fou sérieux que le bon sens irrite,

Écho des sots, trompette des pervers,

En prose dure insulte les beaux vers,

Poursuit le sage, et noircit le mérite.

Mais écoutez ces pieux loups-garous,

Persécuteurs de l’art des Euripides,

Qui vont hurlant en phrases insipidesContre la scène, et même contre vous.

Quand vos talents entraînent au théâtreUn peuple entier, de votre art idolâtre,

Et font valoir quelque ouvrage nouveau,

Un possédé, dans le fond d’un tonneau e

Qu’on coupe en deux, et qu’un vieux dais surmonte,

Crie au scandale, à l’horreur, à la honte,

Et vous dépeint au public abuséComme un démon en fille déguisé.

Ainsi toujours, unissant les contraires,

Nos chers Français, dans leurs têtes légères r ,

Que tous les vents font tourner à leur gré,

Vont diffamer ce qu’ils ont admiré.

O mes amis ! raisonnez, je vous prie ;

Un mot suffit. Si cet art est impie,

Sans répugnance il le faut abjurer ;

S’il ne l’est pas, il le faut honorer.

NOTES.

* Le traducteur a mis Paris au lieu de Londres (1764).b Le traducteur a mis Passy , au lieu de Kinsington (1764).c Le traducteur a substitué la Loire & la Tamise (1764).

<* L’abbé Guyon et ses semblables.

e L’auteur anglais a sans doute en vue les chaires des presbytériens764).

s Le traducteur transporte toujours la scène à Paris (1764),