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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTUES.

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Parmi les factions ardents à se jeter,

Ils condamnaient le pape, et voulaient limiter.LEurope par eux tous fut long-temps désolée ;

Ils ont troublé la terre, et je Fai consolée.

Jai dit aux disputants lun sur lautre acharnés :

« Cessez, impertinents ; cessez, infortunés ;

Très sots enfants de Dieu, chérissez-vous en frères,

Et ne vous mordez plus pour dabsurdes chimères. »Les gens de bien mont cru : les fripons écrasésEn ont poussé des cris du sage méprisés ;

Et dans lEurope enfin lheureux tolérantismeDe tout esprit bien fait devient le catéchisme.

Je vois venir de loin ces temps, ces jours sereins,

la philosophie, éclairant les humains,

Doit les conduire en paix aux pieds du commun maître ;Le fanatisme affreux tremblera dy paraître :

On aura moins de dogme avec plus de vertu.

Si quelquun dun emploi veut être revêtu,

Il namènera plus deux témoins à sa suite bJurer quelle est sa foi, mais quelle est sa conduite.

A lattrayante sœur dun gros bénéficierUn amant huguenot pourra se marier;

Des trésors de Lorette, amassés pour Marie,

On verra lindigence habillée et nourrie ;

Les enfants de Sara , que nous traitons de chiens,Mangeront du jambon fumé par des chrétiens.

Le Turc, sans sinformer si liman lui pardonne.

Chez labbé Tamponet ira boire en Sorbonne e .

Mes neveux souperont sans rancune et gaiementAvec les héritiers des frères Pompignan ;

Ils pourront pardonner à ce dur la Blétrie dDavoir coupé trop tôt la trame de ma vie.

Entre les beaux-esprits on verra lunion :

Mais qui pourra jamais souper avec Fréron ?