ÉPÎTBES.
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Mais ce bonheur est rare ; et le dieu de la guerreGarde son cabinet, dont on n’approche guère.
Je sais plus d’un brave homme, à sa porte assidu,Qui lui doit sa fortune, et ne l’a jamais vu.
Il faut entrer pourtant ; il faut que les ApellesPuissent à leur plaisir contempler leurs modèles,Et, pleins de leurs vertus ainsi que de leurs traits ,En transmettre à nos yeux de fidèles portraits.
Tes vers seront plus beaux, et ta muse plus fièreD’un pas plus assuré va fournir sa carrière.Courtin jadis en vers à Sonningdit : « Adieu,
« Faites mes compliments à l’abbé de Chaulieu. »Moi, je te dis en prose : « Enfant de l’Harmonie,
« Présente mon hommage à Vénus-Uranie. »
A M. PIGAL.
1770 .
Cher Phidias, votre statueMe fait mille fois trop d’honneur ;Mais quand votre main s’évertue 2A sculpter votre serviteur,
Vous agacez l’esprit railleurDe certain peuple rimailleur,
Qui depuis si long-temps me hue.L’ami Fréron, ce barbouilleurD’écrits qu’on jette dans la rue,Sourdement de sa main crochueMutilera votre labeur.
Attendez que le destructeurQui nous consume et qui nous tue,Le Temps, aidé de mon pasteur,Ait d’un bras exterminateurEnterré ma tête chenue.
Que ferez-vous d’un pauvre auteur