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épîtres.
Étudiez leur goût : vous trouverez chez ellesDe l’esprit sans effort, des grâces naturelles,
De l’art de converser les naïves douceurs ,
L’honnête liberté qui réforma nos mœurs,
Et tous ces agréments que souvent PolymnieDédaigna d’accorder aux hommes de génie.
Ne connaissez-vous point une femme de bien,
Aimable en ses propos , décente en son maintien,
Belle sans être vaine, instruite, et pourtant sage ?
Elle n’est pas pour vous ; mais briguez son suffrage.
Après un tel portrait chercliez-vous encor plus ?
Avec tous les attraits vous faut-il des vertus ?
Faites-vous présenter par certain secrétaireChez certaine beauté dont le nom doit se taire ;
C’est Vénus-Uranie, épouse du dieu MarsC’est elle dont l’esprit anime les beaux-arts ;
Non celle qu’on voyait, sous le fils de Cynire ,
De son fripon d’enfant suivant l’injuste empireEntre Adonis et Mars partager ses faveurs.
11 est vrai qu’en sa cour il est très peu d’auteu rs ;
Dans les palais des dieux elle vit retirée.
Vénus est philosophe au sein de l’empyrée :
Blais sa philosophie est de faire du bien ;
Elle exige surtout que je n’en dise rien.
Sur mille infortunés que sa bonté consoleJ’ai promis le secret, et je lui tiens parole.
Toi qui peignis si bien, dans un style épuré,
Une tendre novice, un honnête curé 2 ;
Toi, dont le goût formé voudrait encor s’instruire,
Entre Mars et Vénus tâche de t’introduire.
Déjà de leurs bienfaits tu connais le pouvoir :
Il est un plus grand bien, c’est celui de les voir.
1 Cette Vénus-Uranie doit être madame de Clioiseul, dont le mariétait alors ministre de la guerre. ( Beuchot .)
3 Dans le drame de Mêlante. {Beuchot.)