ÉPÎTRES.
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Fasse danser les monts et reculer les flots.
Frédéric a plus d’art, et connaît mieux son monde ;Il est plus varié, sa veine est plus féconde ;
Il a lu son Horace, il l’imite ; et vraimentTa majesté chinoise en devrait faire autant.
Je vois avec plaisir que sur notre hémisphèreL’art de la poésie à l’homme est nécessaire.
Qui n’aime point les vers a l’esprit sec et lourd;
Je ne veux point chanter aux oreilles d’un sourd :Les vers sont en effet la musique de l’âme.
O toi que sur le trône un feu eéleste enflamme ,Dis-moi si ce grand art dont nous sommes éprisEst aussi difficile à Pékin qu’à Paris.
Ton peuple est-il sommis à cette loi si dureQui veut qu’avec six pieds d’une égale mesure,
De deux alexandrins côte à côte marchants,
Ji’un serve pour la rime et l’autre pour le sens ?
Si bien que sans rien perdre, en bravant cet usage,On pourrait retrancher la moitié d’un ouvrage.
Je me flatte, grand roi, que tes sujets heureuxNe sont point opprimés sous ce joug onéreux,
Plus importun cent fois que les aides, gabelles,Contrôle, édits nouveaux, remontrances nouvelles,Bulle Unigenitus, billets aux confessés b ,
Et le refus d’un gîte aux chrétiens trépassés.
Parmi nous le sentier qui mène aux deux collinesAinsi que tout le reste est parsemé d’épines.
A la Chine sans doute il n’en est pas ainsi.
Les biens sont loin de nous, et les maux sont ici :C’est de l’esprit français la devise éternelle.
Je veux m’y conformer, et, d’un crayon fidèle,Peindre notre Parnasse à tes regards chinois.Écoute : mon partage est d’ennuyer les rois.
Tu sais ( car l’univers est plein de nos querelles )