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Quels débats inhumains , quelles guerres cruelles,Occupent tous les mois l’infatigable mainDes sales héritiers d’Estienne et de Plantin c .
Cent rames de journaux, des rats fatale proie,
Sont le champ de bataille où le sort se déploie.
C’est là qu’on vit briller ce grave magistrat JQui vint de Montauban pour gouverner l’État.
Il donna des leçons à notre académie,
Et fut très mal payé de tant de prud’homie.
Du jansénisme obscur le fougueux gazetier eAux beaux-esprits du temps ne fait aucun quartier,
Hayer f poursuit de loin les encyclopédistes ;
Linguet fond en courroux sur les économistes « ;
A brûler les païens Ribalier se morfond h ;
Beaumont pousse à Jean-Jacque, et Jeau-Jacque à BeaumontPalissot contre eux tous puissamment s’évertue ‘ :
Que de fiel s’évapore, et que d’encre est perdue !
Parmi les combattants vient un rimeur gascon 1 ,
Prédicant petit-maître, ami d’Aliboron,
Qui, pour se signaler, refait la Ilenriade;
Et tandis qu’en secret chacun se persuadeDe voler en vainqueur au haut du mont sacré,
On vit dans l’amertume, et l’on meurt ignoré.
La Discorde est partout, et le public s’en raille.
On se hait au Parnasse encor plus qu’à Versaille.
Grand roi, de qui les vers et l’esprit sont si doux,Crois-moi, reste à Pékin , ne viens jamais chez nous.
Aux bords du fleuve Jaune un peuple entier t’admire ;
Tes vers seront toujours très-bons dans ton empire :
Mais gare que Paris ne flétrît tes lauriers ?
Les Français sont malins, et sont grands chansonniers.
Les trois rois d’Orient, que l’on voit chaque annéeSur les pas d’une étoile à marcher obstinée,
Combler l’enfant Jésus des plus rares présents,
N’emportent de Paris, pour tous remercîments,
Que des couplets fort gais qu’on chante sans scrupule