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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉlÎTliKS.

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Sur mon voyage en Prusse, il ma cru peu chrétien.

Ce pape sest trompé, bien quil soit infaillible.

Mais , sans examiner ce quon doit à la Bible ,

Sil vaut mieux dans ce monde être pape que roi,

Sil est encor plus doux dêtre obscur comme moi,

Des déserts du Jura ma tranquille vieillesseOse se faire entendre à ta sage jeunesse ;

Et, libre avec respect, hardi sans être vain,

Je me jette à tes pieds, au nom du genre humain.

Il parle par ma voix, il bénit ta clémence ;

Tu rends ses droits à lhomme, et tu permets quon pense.Sermons, romans, physique, ode, histoire, opéra ,Chacun peut tout écrire, et siffle qui voudra !

Ailleurs on a coupé les ailes à Pégase.

Dans Paris quelquefois un commis à la phraseMe dit : « A mon bureau venez vous adresser ;

Sans lagrément du roi vous ne pouvez penser.

Pour avoir de lesprit, allez à la police;

Les filles y vont bien, sans quaucune en rougisse :

Leur métier vaut le vôtre, il est cent fois plus doux ;

Et le public sensé leur doit bien plus quà vous. »

C.est donc ainsi, grand roi, quon traite le Parnasse,

Et les suivants honnis de Plutarque et dIJorace !

Bélisaire à Paris ne peut rien publier %

Sil nest pas de lavis de monsieur Ribalier.

Hélas ! dans un État lart de limprimerieNe fut en aucun temps fatal à la patrie.

Les pointes de Voiture b , et lorgueil des grands motsQue prodigua Balzac assez mal à propos,

Les romans de Scarron, nont point troublé le monde ;Chapelain ne fit point la guerre de la Fronde.

Chez le Sarmate altier la Discorde en fureur r ,

Sous un roi sage et doux, semant partout l'horreur;

Le lempire ottoman la splendeur éclipsée,