Él’ÎTliKS.
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Sur mon voyage en Prusse, il m’a cru peu chrétien.
Ce pape s’est trompé, bien qu’il soit infaillible.
Mais , sans examiner ce qu’on doit à la Bible ,
S’il vaut mieux dans ce monde être pape que roi,
S’il est encor plus doux d’être obscur comme moi,
Des déserts du Jura ma tranquille vieillesseOse se faire entendre à ta sage jeunesse ;
Et, libre avec respect, hardi sans être vain,
Je me jette à tes pieds, au nom du genre humain.
Il parle par ma voix, il bénit ta clémence ;
Tu rends ses droits à l’homme, et tu permets qu’on pense.Sermons, romans, physique, ode, histoire, opéra ,Chacun peut tout écrire, et siffle qui voudra !
Ailleurs on a coupé les ailes à Pégase.
Dans Paris quelquefois un commis à la phraseMe dit : « A mon bureau venez vous adresser ;
Sans l’agrément du roi vous ne pouvez penser.
Pour avoir de l’esprit, allez à la police;
Les filles y vont bien, sans qu’aucune en rougisse :
Leur métier vaut le vôtre, il est cent fois plus doux ;
Et le public sensé leur doit bien plus qu’à vous. »
C.’est donc ainsi, grand roi, qu’on traite le Parnasse,
Et les suivants honnis de Plutarque et d’IJorace !
Bélisaire à Paris ne peut rien publier %
S’il n’est pas de l’avis de monsieur Ribalier.
Hélas ! dans un État l’art de l’imprimerieNe fut en aucun temps fatal à la patrie.
Les pointes de Voiture b , et l’orgueil des grands motsQue prodigua Balzac assez mal à propos,
Les romans de Scarron, n’ont point troublé le monde ;Chapelain ne fit point la guerre de la Fronde.
Chez le Sarmate altier la Discorde en fureur r ,
Sous un roi sage et doux, semant partout l'horreur;
Le l’empire ottoman la splendeur éclipsée,