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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTRES.

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Toi qu’on voit triompher du tyran de Byzance,

Et des sots préjugés, tyrans plus odieux,

Prête à ma faible voix des sons mélodieux;

A mon feu qui s’éteint rends sa clarté première :

C’est du Nord aujourd’hui que nous vient la lumière.

On m’a trop accusé d’aimer peu Moustapha,

Ses vizirs , ses divans, son mufti, ses fetfa.

Eetfa! ce mot arabe est bien dur à l’oreille ;

On ne le trouve point chez Racine et Corneille :

E>u dieu de l’harmonie il fait frémir l’archet.

On l’exprime en français par lettres de cachet.

Oui, je les hais, madame, il faut que je l’avoue.

Je ne veux point qu’un Turc à son plaisir se joueE)es droits de la nature et des jours des humains ;

Qu’un hacha dans mon sang trempe à son gré ses mains ;Que, prenant pour sa loi sa pure fantaisie,

Le vizir au bacha puisse arracher la vie,

Et qu’un heureux sultan, dans le sein du loisir,

Ait le droit de serrer le cou de son vizir.

Ce code en mon esprit fait naître des scrupules.

Je ne saurais souffrir les affronts ridiculesQue d’un faquin châtré a les grossières hauteursFont subir gravement à nos ambassadeurs.

Eu venges l’univers en vengeant la Russie.

Je suis homme, je pense ; et je te remercie.

Puissent les dieux surtout, si ces dieux éternelsEntrent dans les débats des malheureux mortels,Puissent ces purs esprits émanés du grand Être,

Ces moteurs des destins, ces confidents du maître ,

Que jadis dans la Grèce imagina Platon,

Conduire tes guerriers aux champs de Marathon 11 ,

Aux remparts de Platée, aux murs de Salamine !

Que, sortant des débris qui couvrent sa ruine,

Athènes ressuscite à ta puissante voix!

Rends-lui son nom, ses dieux, ses talents, et ses lois.