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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTRTSS.

Les descendants d’IIercule et la race d’Homère,

Sans cœur et sans esprit couchés dans la poussière,

A leurs divins aïeux craignant de ressembler,

Sont des fripons rampants c qu’un aga fait trèmbler.Ainsi, dans la cité d’Horace et de Scévole,

On voit des récollets aux murs du Capitole ;

Ainsi cette Circé, qui savait dans son tempsDisposer de la lune et des quatre éléments ,Gourmandant la nature au gré de son caprice,Changeait en chiens barbets les compagnons d’Ulysse.Tu changeras les Grecs en guerriers généreux ;

Ton esprit à la fin se répandra sur eux.

Ce n’est point le climat qui fait ce que nous sommes.

Pierre était créateur, il a formé des hommes.

Tu formes des héros... Ce sont les souverainsQui font le caractère et les mœurs des humains.

Un grand homme du temps a dit dans un beau livre :

« Quand Auguste buvait, la Pologne était ivre d . »

Ce grand homme a raison : les exemples d’un roiFeraient oublier Dieu, la nature, et la loi.

Si le prince est un sot, le peuple est sans génie.

Qu’un vieux sultan s’endorme avee ignominieDans les bras de l’orgueil et d’un repos fatal,

Ses hachas assoupis le serviront fort mal.

Mais Catherine veille au milieu des conquêtes ;

Tous ses jours sont marqués de combats et de fêtes :Elle donne le bal, elle dicte des lois,

De ses braves soldats dirige les exploits,

Par les mains des beaux-arts enrichit son empire,Travaille jour et nuit, et daigne encor m’écrire ;Tandis que Moustapha, caché dans son palais,

Bâille, n’a rien à faire, et ne m’écrit jamais.

Si quelque chiaoux lui dit que sa hautesseA perdu cent vaisseaux dans les mers de la Grèce,

Que son vizir battu s’enfuit très à propos,