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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTRES.

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Et qui ne fit point de chanson,Loin de Marseille et dHéliconAchève sa pénible vieAuprès dun poêle et dun glaçon,Sur les montagnes dHelvétie.

11 ne connaissait que le nomDe cette Grèce si polie.

La bigote InquisitionSopposait à sa passionDe faire un tour en Italie.

Il disait aux Treize-Cantons :

« Hélas! il faut donc que je meureSans avoir connu la demeureDes Virgiles et des Platons ! »Enfin il se croit au rivageConsacré par ces demi-dieux :

Il les reconnaît beaucoup mieuxQue sil avait fait le voyage,

Car il les a vus par vos yeux.

A UN HOMME1776 .

Philosophe indulgent, ministre citoyen,

Qui ne cherchas le vrai que pour faire le bien ;Qui dun peuple léger, et trop ingrat peut-être ,Préparais le bonheur et celui de son maître,

Ce quon nomme disgrâce a payé tes bienfaits.

Le vrai prix du travail nest que de vivre en paix.Ainsi que Lamoignon 1 , délivré des orages,

A toi-même rendu, tu ninstruis que les sages ;Tu nas plus à répondre aux discours de Paris.

Je crois voir à la fois Athène et Sybaris

1 M. Tursot. K.

1 M. de Malesherbas. K.