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ÉPÎTBES.
Transportés dans les murs embellis par la Seine :
Un peuple aimable et vain, que son plaisir entraîne,Impétueux, léger, et surtout inconstant,
Qui vole au moindre bruit, et qui tourne à tout vent,
Y juge les guerriers, les ministres, les princes,
Rit des calamités dont pleurent les provinces,
Clabaude le matin contre un édit du roi,
Le soir s’en va siffler quelque moderne, ou moi,
Et regrette à souper, dans ses turlupinades,
Les divertissements du jour des barricades.
Voilà donc ce Paris ! voilà ces connaisseursDont on veut captiver les suffrages trompeurs !
Hélas! au bord de l’Inde autrefois AlexandreDisait, sur les débris de cent villes en cendre :
« Ah ! qu’il m’en a coûté quand j’étais si jaloux,
Railleurs Athéniens, d’être loué par vous ! »
Ton esprit, je le sais, ta profonde sagesse,
Ta mâle probité n’a point cette faiblesse.
A d’éternels travaux tu t’étais dévouéPour servir ton pays, non pour être loué.
Caton, dans tous les temps gardant son caractère,
Mourut pour les Romains sans prétendre à leur plaire.
La sublime vertu n’a point de vanité.
C’est dans l’art dangereux par Phébus inventé,
Dans le grand art des vers et dans celui d’Orphée,
Que du désir de plaire une muse échaufféeDu vent de la louange excite son ardeur.
Le plus plat écrivain croit plaire à son lecteur.
L’amour-propre a dicté sermons et comédies.
L’éloquent Montazet 1 , gourmandant les impies,
1 L’archevêque de Lyon venait de publier une instruction pastoralecontre l’inorédulité : les incrédules en dirent beaucoup de bien, parcequ’il n’y avait aucune de ces injures qu’un evéque qui a du goût ne doitjamais se permettre, et que d’ailleurs il n’y assurait pas que tout magis-trat qui ne brûle pas les philosophes de leur vivant est éternellement brûléaprès sa mort : ce que la Sorbonne et les évêques de séminaire ne man-quent jamais de dire dans leurs libelles sacrés. K.