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LA POLICE
Le devoir d’un monarque est de régner chez soi,
D’y former un État redoutable et tranquille,
De rendre heureux son peuple en le rendant docile.C’est ainsi que Louis sut passer autrefoisDes tentes de Bellone au temple de nos lois.
Il montait sur un trône environné d’abîmes,
De débris, de tombeaux, de meurtres et de crimes,
Au milieu des flambeaux de nos divisions,
Aux cris de la Discorde, au bruit des factions.
11 parut; il fut sage, et l’État fut paisible.
La Discorde à son joug soumit sa tête horrible,
Et la confusion fit silence à sa voix.
Tout prit un nouveau cours, tout rentra dans ses droitsLe magistrat fut juste, et l’Église fut sainte;
Paris vit prospérer dans son heureuse enceinteDes citoyens soumis, au travail assidus,
Qui respectaient les grands, et ne les craignaient plus.La règle, avec la paix, sous des abris tranquillesAux arts encouragés assura des asiles ;
L’orphelin fut nourri, le vagabond fixé ;
Le pauvre, oisif et lâche, au travail fut forcé ;
Et l’heureuse industrie, amenant l’abondance,
Appela l’étranger qui méconnut la France,
L’étranger étonné, qui, prompt à s’irriter,
Fut jaloux de Louis, et ne put l’imiter.
Ainsi quand du Très-Haut la parole fécondeDes horreurs du chaos eut fait naître le monde,
Il en fixa la borne ; il plaça dans leurs rangsCes trésors de lumière et ces globes errants ;
De l’immense Saturne il ralentit la course,
Fit dans un cercle étroit rouler le char de l’Ourse,
De la lune à la terre assura les secours,
Distingua les climats, et mesura les jours.
Il dit à l’Océan : « Que ton orgueil s’abaisse,
Que l’astre de la nuit te soulève et t’affaisse ; »
Il dit aux flancs du Nord : « Enfantez les Autans; »