SOUS LOUIS XIV.
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Aux eaux du ciel : « Tombez, fertilisez les champs;
Et que, tantôt liquide et tantôt endurcie,
If onde revoie au ciel en vapeurs obscurcie. »
Il dit, et tout fut fait : et, dès ces premiers temps,Toujours indestructible en ses grands changementsLa nature entretient, à son maître fidèle,
D’éléments opposés la concorde éternelle.
Si l’on peut comparer aux chefs-d’œuvre divinsLes faibles monuments des efforts des humains,
Sous un roi bienfesant parcourons cette ville,
Obéissante, heureuse, agissante, tranquille.
Quelle âme incessamment conduit ce vaste corps ?
Quelle invisible main préside à ces ressorts ?
Quel sage a su plier à nos communs servicesNos besoins, nos plaisirs, nos vertus, et nos vices ?Pourquoi ce peuple immense avec sécuritéVit-il sans prévoyance et sans calamité ?
L’astre du jour à peine a fini sa carrière,
De cent mille fanaux l’éclatante lumièreDans ce grand labyrinthe avec ordre me luit,
Et forme un jour de fête au milieu de la nuit.
L’aurore ouvre les cieux , le besoin se réveille,
Il appelle à grands cris le travail qui sommeille ;Vertumne, avec Pomone, apporte, au point du jour,Les fruits prématurés hâtés par leur amour.
Ces rivages pompeux qui resserrent ces ondes
Sont couverts en tout temps des trésors des deux mondes
Ici l’or qu’on fdait s’étend sous le marteau ;
La main de l’artisan lui donne un prix nouveau.
La vanité des grands, le luxe , la mollesse,
Nourrissent des petits l’infatigable adresse.
Je vois tous les talents, par l’espoir animés ,
Noblement soutenus, sagement réprimés :
If un de l’autre jaloux, empressés à se nuire,
If intérêt les lit naître, il pourrait les détruire;
Un sage les modère, et de leurs factions
VOLTAIRE. 31