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PRECIS
L’un et l’autre est un supplice :
Il vaut mieux n’être point né.
Le néant est préférableA nos funestes travaux ,
Au mélange lamentable
Des faux biens et des vrais maux,
A notre espoir périssableQu’engloutissent les tombeaux.
Quel homme a jamais su par sa propre lumièreSi, lorsque nous tombons dans l’éternelle nuit,Notre âme avec nos sens se dissout tout entière,Si nous vivons encore, ou si tout est détruit ?
Des plus vils animaux Dieu soutient l’existenceIls sont, ainsi que nous, les objets de ses soins ;
11 borna leur instinct et notre intelligence ;
Ils ont les mêmes sens et les mêmes besoins.
Ils naissent comme nous, ils expirent de mêmeQue deviendra leur âme au jour de leur trépas PQue deviendra la nôtre à ce moment suprême?Humains , faibles humains, vous ne le savez pas !
Cependant l’homme s’égare »
Dans ses travaux insensés.
Les biens dont l’Inde se pare,
Avec fureur amassés,
Sont vainement entassésDans les trésors de l’avare.
Ce monarque ambitieuxMenaçait la terre entière :
Il tombe dans sa carrière ;
Et ce géant sourcilleux,
Ce front qui touchait aux deux,
Est caché dans la poussière.
La beauté dans son printemps vBrille pompeuse et chérie,