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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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PRECIS

L’un et l’autre est un supplice :

Il vaut mieux n’être point né.

Le néant est préférableA nos funestes travaux ,

Au mélange lamentable

Des faux biens et des vrais maux,

A notre espoir périssableQu’engloutissent les tombeaux.

Quel homme a jamais su par sa propre lumièreSi, lorsque nous tombons dans l’éternelle nuit,Notre âme avec nos sens se dissout tout entière,Si nous vivons encore, ou si tout est détruit ?

Des plus vils animaux Dieu soutient l’existenceIls sont, ainsi que nous, les objets de ses soins ;

11 borna leur instinct et notre intelligence ;

Ils ont les mêmes sens et les mêmes besoins.

Ils naissent comme nous, ils expirent de mêmeQue deviendra leur âme au jour de leur trépas PQue deviendra la nôtre à ce moment suprême?Humains , faibles humains, vous ne le savez pas !

Cependant l’homme s’égare »

Dans ses travaux insensés.

Les biens dont l’Inde se pare,

Avec fureur amassés,

Sont vainement entassésDans les trésors de l’avare.

Ce monarque ambitieuxMenaçait la terre entière :

Il tombe dans sa carrière ;

Et ce géant sourcilleux,

Ce front qui touchait aux deux,

Est caché dans la poussière.

La beauté dans son printemps vBrille pompeuse et chérie,