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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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Je ne possède que toi ;

Mais ce sérail d’un grand roi,

Ces compagnes de sa couche,

Ces objets si glorieux,

N’ont point d’attrait qui me touche ;

Rien n’approche sous les cieuxD’un sourire de ta bouche,

D’un regard de tes beaux yeux.

Sais-tu que ces grandes reines,

Dans leurs pompes si hautaines,

A ton aspect ont pâli ?

Leur éclat s’en est terni ;

Défaites, humiliées,

Malgré leur orgueil jaloux,

Toutes se sont écriées :

Elle est plus belle que nous !

LA. SULAMITE.

Le maître heureux de mes sens, de mon âme 3De tous mes vœux, de tous mes sentiments.

Me fait goûter de fortunés moments.Soutenez-moi, je languis, je me pâme,

Je meurs d’amour ; versez sur moi des fleurs,Inondez-moi des plus douces odeurs :

Que sur mon sein mon tendre amant repose,Qu’en s’endormant de moi-même il dispose ;Qu’il soit à moi dans les bras du sommeil :

Que de ses mains il me tienne embrassée ;

Que son image occupe ma pensée,

Et qu’il m’embrasse encore à son réveil.

Chère idole que j’adore,

Mon cœur a veillé toujours !

Je me lève avant l’aurore,

Je demande mes amours.

Lit sacré, dépositaire

Des mouvements de mon cœur,

Des amours doux sanctuaire,