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Je ne possède que toi ;
Mais ce sérail d’un grand roi,
Ces compagnes de sa couche,
Ces objets si glorieux,
N’ont point d’attrait qui me touche ;
Rien n’approche sous les cieuxD’un sourire de ta bouche,
D’un regard de tes beaux yeux.
Sais-tu que ces grandes reines,
Dans leurs pompes si hautaines,
A ton aspect ont pâli ?
Leur éclat s’en est terni ;
Défaites, humiliées,
Malgré leur orgueil jaloux,
Toutes se sont écriées :
Elle est plus belle que nous !
LA. SULAMITE.
Le maître heureux de mes sens, de mon âme 3De tous mes vœux, de tous mes sentiments.
Me fait goûter de fortunés moments.Soutenez-moi, je languis, je me pâme,
Je meurs d’amour ; versez sur moi des fleurs,Inondez-moi des plus douces odeurs :
Que sur mon sein mon tendre amant repose,Qu’en s’endormant de moi-même il dispose ;Qu’il soit à moi dans les bras du sommeil :
Que de ses mains il me tienne embrassée ;
Que son image occupe ma pensée,
Et qu’il m’embrasse encore à son réveil.
Chère idole que j’adore,
Mon cœur a veillé toujours !
Je me lève avant l’aurore,
Je demande mes amours.
Lit sacré, dépositaire
Des mouvements de mon cœur,
Des amours doux sanctuaire,