DU CANTIQUE DF.S CANTIQUES. 391
* Les lis, les boutons de rose
De tes deux globes naissantsSont à mon âme enflamméeComme les vins bienfesantsDe la fertile Idumée,
Et comme le pur encensDont Tadmor est parfumée.
Sous les murs des Pharaons b ,
A travers les beaux vallons,
Les cavales bondissantesOnt moins de légèreté ;
Les colombes caressantes,
Dans leurs ardeurs innocentes,
Ont moins de fidélité.
LA SULAMITE.
J’ai peu d’éclat, peu de beauté ; mais j’aime,
Mais je suis belle aux yeux de mon amant;
Lui seul il fait ma joie et mon tourment ;
Mon tendre cœur n’aime en lui que lui-même.
De mes parents la sévère rigueur cMe commanda de bien garder ma vigne ;
Je l’ai livrée au maître de mon cœur :
Le vendangeur en était assez digne.
LE CHATON.
Non, tu ne te connais pas,
O ma chère Sulamite!
Rends justice à tes appas,
N’ignore plus ton mérite.
Salomon dans son palaisA cent femmes, cent maîtresses ,
Seul objet de leurs tendressesEt seul but de tous leurs traits ;
Mille autres sont renferméesDans ce palais des plaisirs ,
Et briguent par leurs soupirsL’heureux moment d’être aimées.