ODES.
405
Quand la Grèce parlait, l’univers en silence
Respectait le mensonge ennobli par sa voix ;
Et l’Admiration, fille de l’Ignorance ,
Chanta de vains exploits a .
Heureux qui les premiers marchent dans la carrière !
N’y fasspnt-ils qu’un pas, leurs noms sont publiés;
Ceux qui trop tard venus la franchissent entièreDemeurent oubliés.
Le Mensonge réside au temple de Mémoire ;
Il y grava , des mains de la Crédulité ,
Tous ces fastes des temps destinés pour l’histoireEt pour la vérité.
Uranie, abaissez ces triomphes des fables;
Effacez tous ces noms qui nous ont abusés ;
Montrez aux nations les héros véritablesQue vous seule instruisez.
Le Génois qui chercha, qui trouva l’Amérique,
Cortez qui la vainquit par de plus grands travaux,
En voyant des Français l’entreprise héroïque,
Ont prononcé ces mots :
« L’ouvrage de nos mains n’avait point eu d’exemples,
Et par nos descendants ne peut être imité ;
Ceux à qui l’univers a fait bâtir des templesL’avaient moins mérité.
« Nous avons fait beaucoup, vous faites davantage :
Notre nom doit céder à l’éclat qui vous suit.
Plutus guida nos pas dans ce monde sauvage ;
La vertu vous conduit. »
Comme ils parlaient ainsi, Newton dans l’empyrée,
Newton les regardait, et du ciel entr’ ouvert :
« Confirmez, disait-il, à la terre éclairéeCe que j’ai découvert.