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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ODES.

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Quand la Grèce parlait, lunivers en silence

Respectait le mensonge ennobli par sa voix ;

Et lAdmiration, fille de lIgnorance ,

Chanta de vains exploits a .

Heureux qui les premiers marchent dans la carrière !

Ny fasspnt-ils quun pas, leurs noms sont publiés;

Ceux qui trop tard venus la franchissent entièreDemeurent oubliés.

Le Mensonge réside au temple de Mémoire ;

Il y grava , des mains de la Crédulité ,

Tous ces fastes des temps destinés pour lhistoireEt pour la vérité.

Uranie, abaissez ces triomphes des fables;

Effacez tous ces noms qui nous ont abusés ;

Montrez aux nations les héros véritablesQue vous seule instruisez.

Le Génois qui chercha, qui trouva lAmérique,

Cortez qui la vainquit par de plus grands travaux,

En voyant des Français lentreprise héroïque,

Ont prononcé ces mots :

« Louvrage de nos mains navait point eu dexemples,

Et par nos descendants ne peut être imité ;

Ceux à qui lunivers a fait bâtir des templesLavaient moins mérité.

« Nous avons fait beaucoup, vous faites davantage :

Notre nom doit céder à léclat qui vous suit.

Plutus guida nos pas dans ce monde sauvage ;

La vertu vous conduit. »

Comme ils parlaient ainsi, Newton dans lempyrée,

Newton les regardait, et du ciel entr ouvert :

« Confirmez, disait-il, à la terre éclairéeCe que jai découvert.