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ODES.
De l’Inde aux bornes de la FranceLe soleil, en son vaste tour,
Ne voit qu’une famille immense ,
Que devrait gouverner l’Amour.
Mortels , vous êtes tous des frères,
Jetez ces armes mercenaires :
Que cherchez-vous dans les combats ?Quels biens poursuit votre imprudence ?En aurez-vous la jouissanceDans la triste nuit du trépas ?
Encor si pour votre patrieVous saviez vous sacrifier !
Mais non ; vous vendez votre vieAux mains qui daignent la payer.
Vous mourez pour la cause iniqueDe quelque tyran politiqueQue vos yeux ne connaissent pas ;
Et vous n’êtes, dans vos misères,
Que des assassins mercenairesArmés pour des maîtres ingrats.
Tels sont ces oiseaux de rapine,
Et ces animaux malfesants ,Apprivoisés pour la ruineDes paisibles hôtes des champs :
Aux sons d’un instrument sauvage,Animés, ardents , pleins de rage,
Ils vont, d’un vol impétueux,
Sans choix , sans intérêt, sans gloire,
Saisir une folle victoire
Dont le prix n’est jamais pour eux.
O superbe, ô triste Italie !
Que tu plains ta fécondité !
Sous tes débris ensevelie ,
Que tu déplores ta beauté !