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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ODES.

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Je vois tes moissons dévoréesPar les nations conjuréesQui te flattaient de te venger :

Faible, désolée, expirante,

Tu combats dune main tremblantePour le choix dun maître étranger.

Que toujours armés pour la guerreNos rois soient les dieux de la paix ;

Que leurs mains portent le tonnerre.Sans se plaire à lancer ses traits.

Nous chérissons un berger sage ,

Qui, dans un heureux pâturage,

Unit les troupeaux sous ses lois.Malheur au pasteur sanguinaireQui les expose en téméraireA la dent du tyran des bois !

Eh ! que mimporte la victoireDun roi qui me perce le flanc ,

Dun roi dont jachète la gloireDe ma fortune et de mon sang ?

Quoi! dans lhorreur de lindigence,Dans les langueurs, dans la souffrance,Mes jours seront-ils plus sereinsQuand on mapprendra que nos princesAux frontières de nos provincesNagent dans le sang des Germains ?

Colbert, toi qui dans ta patrieAmenas les arts et les jeux ;

Colbert, ton heureuse industrieSera plus chère à nos neveuxQue la vigilance inflexibleDe Louvois, dont la main terribleEmbrasait le Palatinat,

Et qui, sous la mer irritée,

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