ODES.
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Je vois tes moissons dévoréesPar les nations conjuréesQui te flattaient de te venger :
Faible, désolée, expirante,
Tu combats d’une main tremblantePour le choix d’un maître étranger.
Que toujours armés pour la guerreNos rois soient les dieux de la paix ;
Que leurs mains portent le tonnerre.Sans se plaire à lancer ses traits.
Nous chérissons un berger sage ,
Qui, dans un heureux pâturage,
Unit les troupeaux sous ses lois.Malheur au pasteur sanguinaireQui les expose en téméraireA la dent du tyran des bois !
Eh ! que m’importe la victoireD’un roi qui me perce le flanc ,
D’un roi dont j’achète la gloireDe ma fortune et de mon sang ?
Quoi! dans l’horreur de l’indigence,Dans les langueurs, dans la souffrance,Mes jours seront-ils plus sereinsQuand on m’apprendra que nos princesAux frontières de nos provincesNagent dans le sang des Germains ?
Colbert, toi qui dans ta patrieAmenas les arts et les jeux ;
Colbert, ton heureuse industrieSera plus chère à nos neveuxQue la vigilance inflexibleDe Louvois, dont la main terribleEmbrasait le Palatinat,
Et qui, sous la mer irritée,
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