Buch 
Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
Entstehung
Seite
412
JPEG-Download
 

ODES.

411

Mon roi va te percer du fer que le vulgaireAdorait dans tes mains.

U te frappe, tu meurs ; il venge notre injure ;

La vérité renaît, lerreur sévanouit;

La terre élève au ciel une voix libre et pure ;

Le ciel se réjouit.

Kt vous , de Borgia détestables maximes ,

Science dêtre injuste à la faveur des lois,

Art dopprimer la terre, art malheureux des crimes,

Quon nomme lart des rois ;

Périssent à jamais vos leçons tyranniques !

Le crime est trop facile, il est trop dangereux.

Un esprit faible est fourbe ; et les grands politiquesSont les cœurs généreux.

Ouvrons du monde entier les annales fidèles,

Voyons-y les tyrans, ils sont tous malheureux ;

Les foudres quils portaient dans leurs mains criminellesSont retombés sur eux.

Ils sont morts dans lopprobre, ils sont morts dans la rage;Mais Antonin, Trajan, Marc-Aurèle, Titus,

Ont eu des jours sereins, sans nuit et sans orage,

Purs comme leurs vertus.

Tout siècle eut ses guerriers ; tout peuple a dans la guerreSignalé des exploits par le sage ignorés.

Cent rois que lon méprise ont ravagé la terre :

Régnez, et léclairez.

On a vu trop longtemps lorgueilleuse ignorance,

Kcrasant sous ses pieds le mérite abattu,

Insulter aux talents, aux arts, à la science,

Autant quà la vertu.

Avec un ris moqueur, avec un ton de maître,