ODES.
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Mon roi va te percer du fer que le vulgaireAdorait dans tes mains.
U te frappe, tu meurs ; il venge notre injure ;
La vérité renaît, l’erreur s’évanouit;
La terre élève au ciel une voix libre et pure ;
Le ciel se réjouit.
Kt vous , de Borgia détestables maximes ,
Science d’être injuste à la faveur des lois,
Art d’opprimer la terre, art malheureux des crimes,
Qu’on nomme l’art des rois ;
Périssent à jamais vos leçons tyranniques !
Le crime est trop facile, il est trop dangereux.
Un esprit faible est fourbe ; et les grands politiquesSont les cœurs généreux.
Ouvrons du monde entier les annales fidèles,
Voyons-y les tyrans, ils sont tous malheureux ;
Les foudres qu’ils portaient dans leurs mains criminellesSont retombés sur eux.
Ils sont morts dans l’opprobre, ils sont morts dans la rage;Mais Antonin, Trajan, Marc-Aurèle, Titus,
Ont eu des jours sereins, sans nuit et sans orage,
Purs comme leurs vertus.
Tout siècle eut ses guerriers ; tout peuple a dans la guerreSignalé des exploits par le sage ignorés.
Cent rois que l’on méprise ont ravagé la terre :
Régnez, et l’éclairez.
On a vu trop longtemps l’orgueilleuse ignorance,
Kcrasant sous ses pieds le mérite abattu,
Insulter aux talents, aux arts, à la science,
Autant qu’à la vertu.
Avec un ris moqueur, avec un ton de maître,