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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ODES.

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Sourds à la Pitié timide,

Marchent dun pas intrépideSur leurs membres déchirés.

Ces féroces humains, plus durs, plus inflexiblesQue lacier qui les couvre au milieu des combats,Sétonnent à la fin de devenir sensibles,

Déprouver la pitié quils ne connaissaient pas,Lorsque la Mort en silenceDun pas terrible savanceVers un objet plein dattraits,

Quand ces yeux qui dans les âmesLançaient les plus douces flammesVont séteindre pour jamais.

Une famille entière, interdite, éplorée,

Se presse en gémissant vers un lit de douleurs ;

La victime lattend, pâle, défigurée,

Tendant une main faible à ses amis en pleurs.Tournant en vain la paupièreVers un reste de lumièreQuelle gémit de trouver ,

Elle présente sa tête ;

La faux redoutable est prête,

Et la Mort va la lever.

Le coup part, tout séteint : cen est fait, il ne resteDe tant de dons heureux , de tant dattraits si chersDe ces sens animés dune flamme céleste,

Quun cadavre glacé , la pâture des vers.

Ce spectacle lamentable,

Cette perte irréparableVous frappe dun coup plus fortQue cent mille funéraillesDe ceux qui, dans les batailles,Donnaient et souffraient la mort.

O Bareith ! ô vertus ! ô grâces adorées !

35.