STANCES.
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Je ne peux rien dans l’autre monde,Vous pouvez tout dans celui-ci.
Je pourrais me faire un mériteD’avoir pour vous bien prié Dieu :Mais jeune prince aime fort peuLes oremus d’un vieux jésuite.
Je ne sais d’où dater ma lettre.
Si par vous mes vœux sont reçus,En paradis vous m’allez mettreMais en enfer par un refus.
Non, mon neveu seul misérableEst seul à souffrir condamné ;
Car qui n’a rien se donne au diable :Empêchez qu’il ne soit damné.
AU ROI DE PRUSSE.
A Berlin, ce 2 décembre 1740.Adieu, grand homme; adieu, coquette,
Esprit sublime et séducteur,
Fait pour l'éclat, pour la grandeur,
Pour les Muses, pour la retraite.
Adieu, vainqueur ou protecteurDu reste de la Germanie,
De moi très-chétif raisonneur,
Et de la noble poésie.
Adieu, trente âmes dans un corpsQue les dieux comblèrent de grâce,
Qui réunissez les trésorsQu’on voit divisés au Parnasse.
Adieu, vous dont l’auguste main,
Toujours au travail occupée,
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