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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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STANCES.

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Nous ne vivons que deux moments ;Quil en soit un pour la sagesse.

Quoi ! pour toujours vous me fuyez,Tendresse, illusion, folie,

Dons du ciel, qui me consoliezDes amertumes de la vie !

On meurt deux fois, je le vois bien :Cesser daimer et dêtre aimable,Cest une mort insupportable ;Cesser de vivre, ce nest rien.

Ainsi je déplorais la perteDes erreurs de mes premiers ans;

Et mon âme, aux désirs ouverte,Regrettait ses égarements.

Du ciel alors daignant descendre,LAmitié vint à mon secours ;

Elle était peut-être aussi tendre,Mais moins vive que les Amours.

Touché de sa beauté nouvelle,

Et de sa lumière éclairé,

Je la suivis ; mais je pleuraiDe ne pouvoir plus suivre quelle.

AM. VAN-HARElNDÉPUTÉ DES ETATS-GENERAUX.

1743 .

Démosthène au conseil, et Pindare au Parnasse,

Lauguste Vérité marche devant tes pas ;

1 Une longue critique des douze vers de Voltaire est imprimée dansla Bibliothèque française, tome XXXVII, pages III-II8. (.Note de'U. Beuchot.)