STANCES.
429
STANCES IRRÉGULIÈRES.
A S. A. R. LA PRINCESSE DE SUÈDE,
ULRIQUE DE PRUSSE,
SŒUR DE FRÉDÉRIC LE GRAND.
Janvier 1747.
Souvent la plus belle princesseLanguit dans l’âge du bonheur ;
L’étiquette de la grandeur,
Quand rien n’occupe et n’intéresse,
Laisse un vide affreux dans le cœur.
Souvent même un grand roi s’étonne,Entouré de sujets soumis,
Que tout l’éclat de sa couronneJamais en secret ne lui donneCe bonheur qu’elle avait promis.
On croirait que le jeu console ;
Mais l’Ennui vient à pas comptés,
A la table d’uncavagnole a ,
S’asseoir entre des majestés.
On fait tristement grande chère,
Sans dire et sans écouter rien,
Tandis que l’hébété vulgaireVous assiège, vous considère,
Et croit voir le souverain bien.
Le lendemain, quand l’hémisphèreEst brûlé des feux du soleil,
On s’arrache aux bras du sommeilSans savoir ce que l’on va faire.
De soi-même peu satisfait,
On veut du monde ; il embarrasse :