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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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STANCES;

Mais nous navions pas la sottiseDe le déshonorer par des cultes pervers.

« Nous irons tous les deux dans la céleste sphère,

Lui fort tard, moi bientôt. Il obtiendra, je croi,

Un trône auprès dAchille, et même auprès dHomère ;Et jy vais demander un tabouret pour moi. »

STANCES OU QUATRAINS,

POUR TENIR LIEU DE CEUX DE PIHRAC, QUI ONT UN PEU VIEILLI.

Tout annonce dun Dieu léternelle existence ;

On ne peut le comprendre, on ne peut lignorer.

La voix de lunivers annonce sa puissance,

Et la voix de nos cœurs dit quil faut ladorer.

Mortels, tout est pour votre usage ;

Dieu vous comble de ses présents.

Ab ! si vous êtes son image,

Soyez comme lui bienfesants.

Pères, de vos enfants guidez le premier âge ;

Ne forcez point leur goût, mais dirigez leurs pas.

Étudiez leurs mœurs, leurs talents, leur courage :

On conduit la nature, on ne la change pas.

Enfant, crains dêtre ingrat ; sois soumis, doux, sincère :Obéis, si tu veux quon tobéisse un jour.

Vois ton Dieu dans ton père ; un Dieu veut tou amour.

Que celui qui tinstruit te soit un nouveau père.

Qui sélève trop savilit ;

De la vanité naît la honte.

Cest par lorgueil quon est petit :

On est grand quand on le surmonte.

Fuyez lindolente Paresse ;

Cest la rouille attachée aux plus brillants métaux.